La
victoire de François Hollande,
Est-elle
un dilemme pour la Guinée ?
Depuis l’annonce des
résultats au soir du 06/05/2012, et la victoire de François Hollande, les
langues se délient et les commentaires vont bon train.
Pour les guinéens, l’enjeu
est double. D’une part, ils se posent la question sur la situation des sans
papiers en France et d’autre part la coopération franco-guinéenne. En effet,
l’appartenance du président Alpha condé à l’internationale socialiste au même
titre que son homologue Mr François Hollande risque de compromettre le
processus démocratique entamé en Guinée depuis les élections Présidentielles de
2010. Mais y’a-t-il quoi s’inquiéter pour autant ?
A notre avis pour
répondre à ces questions, il faudrait scruter le projet du Président Hollande.
En effet selon Faouzi Lamdaoui, chef de cabinet de François
Hollande, « Mr Hollande s’est
clairement prononcé pour
un traitement humain de la question des
sans-papiers.
Les régularisations se feront au cas par
cas. Il sera mis fin à
l’arbitraire qui règne actuellement par la
définition
de critères de régularisation objectifs.
Seront régularisés
les étrangers sans papiers qui répondront à ces critères :
travail, famille et présence en France
depuis un certain nombre d’années. François
Hollande
compte confier au Parlement le soin de
déterminer
le nombre de travailleurs admis
annuellement en
France en fonction des besoins de
l’économie. L’objectif est de dépolitiser l’immigration pour éviter son
instrumentalisation politique avec toutes les conséquences sur la cohésion
sociale. François Hollande compte également revoir l’aide au développement tel
qu’elle existe actuellement et instaurer un véritable développement avec les
pays d’origine pour contribuer efficacement à leur essor et limiter ainsi les
flux migratoires ».
Cependant, les uns pensent, que
l’arrivée de François Hollande à l’Élysée signifie le renversement des régimes dictatoriaux africains et
l’amélioration des conditions de vies des populations immigrées. Car,
François Hollande s’est engagé dans une coopération gagnant-gagnant avec le
vieux continent.
Par conséquent, les africains de France osent croire à une régularisation
massive des sans papiers et/ou à une grande ouverture des vannes de
l’immigration. Pour les guinéens, ils attendent que le Président François Hollande
soutienne le processus démocratique entamé en Guinée, mais pas la personne du
Président Alpha Condé.
Les autres par contre, estiment que F. Hollande ou N. Sarkozy c’est blanc bonnet- bonnet blanc. Car, il
faut se rappeler la politique de rupture annoncée en 2007 par un certain
Nicolas Sarkozy à l’égard de relations France Afrique et se souvenir de
l’intervention de la France en Libye et en Côte d’Ivoire.
Alors, la France de François
Hollande, tout comme la France de Nicolas Sarkozy, serait-elle la monnaie d’une
même et unique pièce ?
Pour rappel depuis plus de 50 ans, la France utilise
un réseau de «relations occultes», chasses gardées commerciales, accords
secrets… Par ce système qui s’est mis en place, la France entend garder la
mainmise sur les richesses pétrolières ou minières de son ancien pré carré. Une
certaine opinion soutient que la plupart des dirigeants africains, à tour de
rôle, financent certaines activités en France, pour qu’en contrepartie, la
France leur assure une longévité politique, au mépris des règles élémentaires
de la démocratie. Si besoin, elle intervient militairement, en application
d’accords militaires secrets, pour les maintenir coûte que coûte au pouvoir.
Comme le dit le défunt président gabonais Omar Bongo, « la France sans l’Afrique c’est comme une
voiture sans carburant, et l’Afrique sans la France c’est comme une voiture
sans chauffeur ». Seul l’avenir nous dira suite.
Dr Saliou Bobo Taran DIALLO
France.
