lundi 30 avril 2012


La déclaration de Cellou Dalein DIALLO
à la loupe d’un autre observateur.


Après de multiples inquiétudes sur la tenue des législatives le 08 juillet 2012, Cellou Dalein DIALLO avait affirmé que l’opposition était « prête », « sous certaines conditions », d’aller aux élections. Depuis cette déclaration en date du 19 avril 2012, des voix  se sont élevées pour dénoncer cette prise de position du leader de l’UFDG.
Nous comprenons parfaitement l’indignation de ceux qui ont voulu exprimer leur point de vue sur ce sujet. Cela démontre le caractère démocratique du parti contrairement à d’autres où le chef dicte ses lois et ses militants exécutent. Il est vrai que cette déclaration de Cellou Dalein peut prêter à confusion. Car, le 7 mars 2012, il avait déclaré qu’«il est impossible d’organiser des élections législatives libres et crédibles pour le 08 juillet 2012 ». La question qui convient de se poser alors est de savoir pourquoi ce changement de position maintenant?
À cette question, sans être l’avocat du diable, nous pensons qu’il n’y a pas de changement de position, mais une incompréhension, qui se situe à deux niveaux. D’une part, les auditeurs ont mal compris cet adjectif « prêt » et d’autre part, les balises, les pré-requis  et les conditions posés par Cellou Dalein à savoir « sous certaines conditions »  n’ont pas été prises en compte par les internautes.
Primo : pour comprendre l’adjectif, « prêt », employé par Cellou Dalein dans sa déclaration, il faut aller au-delà du pied de la lettre et saisir l’esprit même de sa déclaration. En effet, il a utilisé cet adjectif pour montrer que l’opposition ne refuse pas d’aller aux législatives, mais c’est plutôt le pouvoir qui ne veut pas satisfaire les revendications de l’opposition. Cellou Dalein affirme être « prêt » pour aller aux législatives afin de montrer que son parti est techniquement « prêt » pour affronter ces élections. Au sein du parti, toutes les dispositions nécessaires ont été prises pour les législatives.
Mais pour noyer la communauté internationale, le pouvoir véhiculait l’idée selon laquelle c’est l’opposition qui n’est pas prête pour les législatives, car ses militants sont dispersés et certains sont absorbés par le pouvoir en place. Pour démentir cette idée, il fallait montrer que c’est le pouvoir lui-même qui n’est pas prêt, car il ne veut pas satisfaire les revendications de l’opposition.
Donc à notre sens  Cellou Dalein n’a pas changé de position, mais, il a été mal compris. Le fait d’affirmer qu’il est « prêt » d’aller aux élections n’est rien d’autre qu’une manière de qualifier l’état d’esprit de l’opposition guinéenne en générale et de l’UFDG en particulier. Il s’agit de venter et de vendre à qui de droit la mobilisation de ses militants. Pour lui, il faut éviter de donner une mauvaise image de l’opposition. C’est pourquoi, il affirma que l’UFDG est déjà « prête » à affronter les législatives, si ses revendications sont satisfaites, car le parti n’a pas attendu qu’une date soit fixée pour mobiliser ses militants. Par conséquent, il ne faut pas comprendre ce mot « prêt » comme une trahison faite aux militants de l’opposition, mais une mise en garde envoyée au pouvoir.
Secundo : Les auditeurs, en écoutant la déclaration de Cellou Dalein ont oublié la partie la plus importante de sa phrase. Selon lui, si l’opposition est « prête » pour les législatives, c’est sous réserve de «certaines conditions » a savoir la réorganisation de la CENI. Donc, Cellou Dalein a bien rappelé  les balises que l’opposition a toujours posé au pouvoir comme pré-requis aux législatives. Mais malheureusement, ces balises n’ont pas été suffisamment exploitées par les internautes. Or, pour mieux commenter un discours, il faut le prendre dans sa totalité et sur tous les angles, ce qui nous aurait, en l’espèce, éviter cette polémique.
En tout état de cause, il semble que les revendications de l’opposition guinéenne ont atteint un point de non retour. De nos jours, Cellou Dalein est en effet conscient, qu’il est en train à tort ou à raison de jouer sa dernière carte politique, si jamais de par sa faute, les élections législatives terminent de la même manière que celles présidentielles. Dans ce cas, il perdra toute crédibilité politique vis-à-vis  de ses militants.
Mais pour le moment nous ne sommes pas là. En espérant cette foi-ci qu’il sera à la hauteur de nos attentes, restons mobiliser pour les législatives.
 Dr Saliou Bobo Taran DIALLO.

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