La déclaration de Cellou Dalein DIALLO
Après de multiples inquiétudes sur la tenue des législatives le 08 juillet
2012, Cellou Dalein DIALLO avait affirmé que l’opposition était « prête »,
« sous certaines conditions », d’aller aux élections. Depuis
cette déclaration en date du 19 avril 2012, des voix se sont élevées
pour dénoncer cette prise de position du leader de l’UFDG.
Nous comprenons parfaitement l’indignation de ceux qui ont voulu exprimer
leur point de vue sur ce sujet. Cela démontre le caractère démocratique du
parti contrairement à d’autres où le chef dicte ses lois et ses militants
exécutent. Il est vrai que cette déclaration de Cellou Dalein peut prêter à
confusion. Car, le 7 mars 2012, il avait déclaré qu’«il est impossible
d’organiser des élections législatives libres et crédibles pour le 08 juillet
2012 ». La question qui convient de se poser alors est de savoir
pourquoi ce changement de position maintenant?
À cette question, sans être l’avocat du diable, nous pensons qu’il n’y a
pas de changement de position, mais une incompréhension, qui se situe à deux
niveaux. D’une part, les auditeurs ont mal compris cet adjectif « prêt »
et d’autre part, les balises, les pré-requis et les conditions posés
par Cellou Dalein à savoir « sous certaines conditions »
n’ont pas été prises en compte par les internautes.
Primo : pour comprendre l’adjectif, « prêt », employé par
Cellou Dalein dans sa déclaration, il faut aller au-delà du pied de la lettre
et saisir l’esprit même de sa déclaration. En effet, il a utilisé cet adjectif
pour montrer que l’opposition ne refuse pas d’aller aux législatives, mais
c’est plutôt le pouvoir qui ne veut pas satisfaire les revendications de
l’opposition. Cellou Dalein affirme être « prêt » pour aller
aux législatives afin de montrer que son parti est techniquement « prêt »
pour affronter ces élections. Au sein du parti, toutes les dispositions
nécessaires ont été prises pour les législatives.
Mais pour noyer la communauté internationale, le pouvoir véhiculait l’idée
selon laquelle c’est l’opposition qui n’est pas prête pour les législatives,
car ses militants sont dispersés et certains sont absorbés par le pouvoir en
place. Pour démentir cette idée, il fallait montrer que c’est le pouvoir lui-même
qui n’est pas prêt, car il ne veut pas satisfaire les revendications de
l’opposition.
Donc à notre sens Cellou Dalein n’a pas changé de position,
mais, il a été mal compris. Le fait d’affirmer qu’il est « prêt »
d’aller aux élections n’est rien d’autre qu’une manière de qualifier l’état
d’esprit de l’opposition guinéenne en générale et de l’UFDG en particulier. Il
s’agit de venter et de vendre à qui de droit la mobilisation de ses militants.
Pour lui, il faut éviter de donner une mauvaise image de l’opposition. C’est
pourquoi, il affirma que l’UFDG est déjà « prête » à affronter
les législatives, si ses revendications sont satisfaites, car le parti n’a pas
attendu qu’une date soit fixée pour mobiliser ses militants. Par conséquent, il
ne faut pas comprendre ce mot « prêt » comme une trahison
faite aux militants de l’opposition, mais une mise en garde envoyée au pouvoir.
Secundo : Les auditeurs, en écoutant la déclaration de Cellou Dalein ont oublié
la partie la plus importante de sa phrase. Selon lui, si l’opposition est
« prête » pour les législatives, c’est sous réserve de «certaines
conditions » a savoir la réorganisation de la CENI. Donc, Cellou
Dalein a bien rappelé les balises que l’opposition a toujours posé
au pouvoir comme pré-requis aux législatives. Mais malheureusement, ces balises
n’ont pas été suffisamment exploitées par les internautes. Or, pour mieux
commenter un discours, il faut le prendre dans sa totalité et sur tous les
angles, ce qui nous aurait, en l’espèce, éviter cette polémique.
En tout état de cause, il semble que les revendications de l’opposition
guinéenne ont atteint un point de non retour. De nos jours, Cellou Dalein est
en effet conscient, qu’il est en train à tort ou à raison de jouer sa dernière
carte politique, si jamais de par sa faute, les élections législatives
terminent de la même manière que celles présidentielles. Dans ce cas, il perdra
toute crédibilité politique vis-à-vis de ses militants.
Mais pour le moment nous ne sommes pas là. En espérant cette foi-ci qu’il sera
à la hauteur de nos attentes, restons mobiliser pour les législatives.
Dr Saliou Bobo Taran DIALLO.

Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire